1 décembre 2022
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Situation de vie des Ivoiriens: Le Conseil des droits de l’homme réalise 10 enquêtes et 6 études

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Elucider les faits sensibles de société qui touchent le quotidien des Ivoiriens, à travers l’investigation. C’est le pari que s’est donné le Conseil national des droits de l’homme (CNDH), à travers la réalisation de 10 enquêtes et 6 études qui ont été présentées, hier jeudi 29 septembre, à la presse,  au siège de l’organisation, sis à Cocody. Il s’agit de : rapport d’enquête sur l’accessibilité des structures sanitaires dans le système éducatif ivoirien ;  rapport sur les traitements auto-saisines et des saisines des populations au titre de 2021 ; rapport d’enquête sur la resocialisation des femmes détenues ; rapport d’enquête sur le droit à la santé dans les établissements pénitentiaires de Côte d’Ivoire ; rapport de l’enquête relative aux structures de protection de remplacement en Côte d’Ivoire ; rapport d’enquête sur la cartographie des sites d’orpaillage en Côte d’Ivoire.

Des sujets dignes d’intérêts ont fait l’objet d’étude. A savoir, les défis majeurs à la réalisation des droits de la femme en Côte d’Ivoire et des filles en Côte d’Ivoire ; l’impact de la corruption sur la jouissance du droit à la santé des populations des régions sanitaires d’Abidjan, de Bouaké et de Korhogo ; le respect des prescriptions de construction des bâtiments ; l’impact de la surpopulation sur les droits de l’homme dans les établissements pénitentiaires de Côte d’Ivoire ; la responsabilité sociétale des entreprises privées de Côte d’Ivoire

La présidente du CNDH, Namizata Sangaré a présenté le rapport des activités à mi-parcours de 2019-2022 de l’institution; le rapport suivi des engagements de la Côte d’Ivoire sur les mécanismes internationaux de protection des droits de l’homme. Sur la procédure, Mme Sangaré a expliqué que c’est sur la base de fait sociaux marquante des enquêtes ont été lancés. Un travail d’introspection selon elle, pour mieux appréhender certaines situations. Des recommandations ont été faites aux acteurs concernés en vue d’améliorer les choses.

26 établissements pénitentiaires ont un taux de peuplement au-delà de 150%

Sur « les impacts de la surpopulation sur les droits de l’homme dans les établissements pénitentiaires de Côte d’Ivoire, l’enquête révèle que « à l’exception de la ferme pénitentiaire de Saliakro et de la maison d’arrêt de M’Bahiakro, les prisons de Côte d’Ivoire affichent toute une densité carcérale au-dessus de 100%. ». Plus précisément, 26 établissements pénitentiaires ont un taux d’occupation au-delà de 150%. « La maison d’arrêt de Sassandra a le taux le plus élevé (plus de 1000%), suivi par les maisons d’arrêt de Bondoukou et Soubré (Plus 800% chacune) », indique le document.

L’enquête fait mention d’une ration « pénale » insuffisante et de qualité relative au sujet de l’alimentation. En outre, le personnel pénitentiaire est en deçà des besoins. « L’effectif du personnel pénitentiaire s’élève à deux mille deux cents dix (2210) agents pour 25.121 détenus » fait savoir le rapport. L’analyse de l’impact sanitaire de la surpopulation révèle 1264 cas de malnutrition recensés dans 33 maisons d’arrêt sur la période de février à avril 2022 et 3499 cas de maladies liées aux problèmes d’hygiène.

Face à ce tableau, le CNDH recommande de recourir davantage à la liberté conditionnelle au profit des détenus qui répondent aux critères et limiter le nombre d’intervenant dans la procédure ; procéder à une réhabilitation urgente des MAC en vue d’adapter les conditions de détention aux normes internationales de droits de l’homme.

                                                                         César Ebrokié