21 mai 2022
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SOCIÉTÉ

Justice transitionnelle: Un fonds pour financer les organisations de la société civile

Le Fonds pour la justice transitionnelle en Afrique a initié récemment une rencontre avec les organisations de la société civile ivoirienne. Dans cet entretien, Makmid Kamara, le Directeur du fonds explique les projets du fonds.

Notre Voie : Qu’est-ce qui a motivée la mise en place du fonds pour la justice transitionnelle en Afrique?

Le fonds pour la justice transitionnelle en Afrique a été mis en place par la fondation Maca Arthur Found en collaboration avec un autre fond privé américain pour soutenir le processus de reconstruction des Etats, à travers un appui à la justice transitionnelle. Il a démarré dans 7 Etats de l’Afrique de l’Ouest dont la Côte d’Ivoire. L’objet de cette initiative est d’aider les victimes à surmonter leurs difficultés en vue de donner des chances à la réconciliation.

Makmid Kamara : Quelles actions concrètes compte mener ce fonds pour soutenir la société civile ?

Des subventions seront octroyées aux organisations de la société civile parmi lesquelles les associations de victimes pour le financement et la mise en œuvre des projets post-crise. Les structures étatiques ne seront pas laissées pour compte. Elles pourraient bénéficier aussi de ce fonds. Ce fonds, faut-il le souligner, apporte également un appui technique aux structures précitées. Des avocats et autres experts de la justice transitionnelle vont apporter du soutien aux organisations en termes de conseils. Ce qui est recherché ici aussi est l’échange des expériences. Ce fonds permettra à l’ensemble des pays de bénéficier des bonnes pratiques. Par exemple, les Ivoiriens pourront s’inspirer de ce qui s’est fait au Libérien et vice versa.

Le Fonds a été lancé dans six pays avant la Côte d’Ivoire. Qu’est-ce qui a fait dans ces Etats ?

Nous sommes en train de consulter nos partenaires dans les pays. A partir de la semaine prochaine (Ndlr : début août), nous allons lancer un appel à projet, auquel ces structures pourront soumissionner. Nous sommes là pour écouter les préoccupations afin de tenir compte. Ce fonds ne s’adresse pas seulement aux structures classiques de justice transitionnelle, mais également à d’autres organisations importantes comme les médias qui interviennent pour la stabilité et la paix.

Quel diagnostic faites-vous de la justice transitionnelle dans les pays visités.

Il y a des différences mais également beaucoup de similarités dans les pratiques. Dans les pays que nous visité, nous avons noté qu’il n’y a pas de coordination dans les actions de la société civile. L’autre défi, c’est le manque de moyens financiers. Il y a beaucoup de structures qui veulent initier des choses, mais ils n’ont pas de moyens. Les organisations ont également un problème de compétence. La justice transitionnelle est une thématique complexe qui demande des aptitudes particulières. Tout le monde ne maîtrise pas cela. Dans les pays, il est clair que la situation diffère d’un Etat à un autre. Mais va prendre en compte toutes ces similarités.

Interview réalisée par César Ebrokié