26 septembre 2022
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SOCIÉTÉ

Journée mondiale sans tabac: Tall Lacina accuse l’industrie du tabac de corruption

L’industrie du tabac veut corrompre les députés ivoiriens. C’est la conviction de Tall Lacina, doublement président du Comité/Club Unesco universitaire pour la lutte contre la drogue et autres pandémies (Clucod) et du Rocta-ci.

Mercredi, au cours d’une conférence de presse à son tout nouveau siège à Abobo (Pharmacie Aboboté), il a dénoncé « avec véhémence les manœuvres de manipulations, de sabotage, de corruption des firmes de tabac vis-à-vis des décideurs pour retarder l’adoption de la loi antitabac et/ou affaiblir la loi en la rendant non conforme à la convention-cadre pour la lutte antitabac (Cclat) ». Selon lui, deux faits sont à porter à l’opinion à la veille de la célébration de la journée mondiale sans tabac qui a lieu demain.

Un, le projet de loi antitabac de la Côte d’Ivoire n’est pas encore voté. Pourtant, l’année dernière affirme Tall Lacina, à l’issu d’un atelier d’échange entre les parlementaires, membres de la Commission des affaires sociales et culturelles de l’Assemblée nationale ivoirienne et les organisations de la société civile en présence de l’Oms et de l’administration des impôts, « les parlementaires ont pris l’engagement d’adopter le projet de loi en 2018 ». Pire, pour cette session 2019, le projet de loi antitabac n’est pas encore programmé à l’agenda.

Deux, c’est dans ce contexte qu’ « il nous est revenu que les firmes de tabac proposent un voyage en Suisse à des parlementaires de cette même Assemblée Nationale pour visiter les installations de transformation du tabac ». Ce qui est considéré par les ONG comme une tentative de corruption. « Les autorités ivoiriennes se comportent comme si elles n’avaient pas mûri l’idée avant de signer le traité de la Convention-cadre pour la lutte antitabac », constate Dr. Boly Francis, secrétaire exécutif du Rocta-ci qui était aux côtés de son président Tall Lacina.

 « Ce sont les intérêts de l’industrie du tabac qui sont privilégiés au détriment de la santé de la population »

Pour lui, dans l’esprit du Cclat, il ne doit pas avoir de collusion entre les autorités ivoiriennes et l’industrie du tabac. « Ce sont les intérêts de l’industrie du tabac qui sont privilégiés au détriment de la santé de la population », a encore dénoncé Dr. Boly ajoutant que « quand on veut tarir les effets néfastes de l’industrie du tabac, on ne discute pas avec elle » « Si les parlementaires veulent se faire une idée, ils n’ont qu’a payer leur déplacement et leur séjour. Ils n’ont pas le droit de se faire inviter par l’industrie du tabac ».

Selon nos informations auprès de plusieurs sources à l’Assemblée Nationale, il y a effectivement une invitation de l’industrie du tabac sur la table des députés. Mais, « ils ne sont pas encore partis », affirment nos sources.

En tout état de cause, pour le Rocta-ci, il s’agit d’une violation des Droits de l’Homme et une tentative de corruption. C’est pourquoi, la faîtière appelle le Conseil national des Droits de l’Homme et la Haute Autorité pour la bonne gouvernance à agir contre « les pratiques des cigarettiers » qui « constituent une violation des principes des Droits de l’Homme et dans le cadre de la lutte contre la corruption des infractions notamment prévu par l’ordonnance N°2013-660 du 20 septembre 2013 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption ».

Coulibaly Zié Oumar