2 octobre 2022
Abidjan Cocody Palmeraie 06 BP 2868 Abj 06
CULTURE

Exposant à la Désiré Mounou, plasticien : « Tout artiste cherche une écriture qui va le distinguer des autres »

Ecouter cet article

Exposant à la Fondation BJKD

Désiré Mounou, plasticien : « Tout artiste cherche une écriture qui va le distinguer des autres

Le jeune plasticien Désiré Mounou, spécialiste de l’art de la récupération, expose en ce moment à la Fondation BJKD (Bénédicte Jeanine Kacou Diagou) sise à Abidjan-Cocody-Riviera 3. Et ce, du 8 septembre au 28 octobre 2022. Nous l’avons rencontré le lendemain du vernissage de son exposition. Il s’ouvre, ici, à nous et se dévoile. Entretien.

Est-ce que vous pouvez revenir sur votre parcours de façon succincte pour arriver aujourd’hui à exposer à la Fondation BJKD ?

Désiré Mounou : En fait, en termes de parcours, je peux dire que tout part déjà de la détermination. Déjà, étant enfant, j’étais passionné par les dessins. Après, arrivé au lycée, j’ai appris qu’il existe à Abidjan une école d’art. Moi, j’ai grandi à l’intérieur du pays, précisément à Buyo. Et c’est là-bas que j’ai fréquenté les bancs, au primaire, au collège et aussi au lycée. Alors, au lycée, à Buyo, on m’apprend qu’il existe une école d’art à Abidjan. Je me suis convaincu que c’est tout ce j’aime par dessus tout. Donc pourquoi ne pas tout faire pour entrer dans cette école ? Du coup, c’est comme cela que tout a commencé. Je suis donc venu à Abidjan présenter le concours d’entrée au Lycée d’enseignement artistique au sein de l’INSAAC. Le concours ayant marché, tout est parti de là. Et, au fur et à mesure que j’avançais, on voulait quand même se spécialiser. Moi, j’étais focalisé sur le dessin et la peinture. Après, c’était un rêve d’enfant. Avec la motivation, la détermination, au fil du temps, ce rêve est devenu réalité. Et, aujourd’hui, je me retrouve à exposer à la Fondation BJKD avec et après plusieurs séries d’expositions en Europe et un peu partout à l’étranger. Au Maroc notamment. Après ces séries, on revient à la source, en Côte d’Ivoire, avec donc cette exposition solo à la Fondation BJKD pour annoncer la rentrée culturelle de cette structure. Ça fait vraiment plaisir.

Pourquoi avez-vous choisi l’art de la récupération comme spécialité ?

Désiré Mounou : En fait, chaque artiste cherche une identité personnelle, cherche une écriture qui va le distinguer des autres. Et je pense que ça a été la motivation pour cette exposition. Parce que je me dis qu’il me fallait quand même que j’ai une écriture propre à moi et une identité. J’ai grandi à Anono. Et, dans ce quartier, il y avait des déchets à ciel ouvert qui étaient exposés. Etant donné que je voulais quand même donner une seconde vie à une matière, je me suis dit que le téléphone est un élément indispensable à la vie en société. Et quand les téléphones n’ont plus de vie, ils se retrouvent dans les décharges. C’est donc pour moi une façon d’amener les gens à une prise de conscience, de donner une seconde vie aux déchets électroniques et participer aussi à la protection de l’environnement en essayant de sensibiliser les gens sur des thématiques et des scènes de la vie en fonction de mon inspiration.

Désiré Mounou : Alors, quelle est la thématique de cette exposition ?

Ici, nous mettons en avant chaque série du passé. Nous avons une ou deux pièces de chaque série du passé que nous mettons en avant dans cette exposition pour quand même retracer en fait mon parcours personnel et aussi mettre en avant la série « La vie d’ici » qui met en évidence tout ce qui est secteurs d’activités, tout ce qui est lié uniquement à la Côte d’Ivoire et à l’Afrique en fait. Les scènes de marché, les embouteillages… Et quand on parle d’embouteillages, on parle de pollution aussi parce qu’ici, les voitures fument énormément. Nous mettons donc en exergue, comme je l’ai déjà dit, chaque secteur d’activités. Mais nous sommes aussi influencés par les choses qu’on voit. Par exemple, j’étais à Dakar et j’ai vu des bateaux de cette ville. Pour moi, ce sont des choses qui marquent mon parcours. Et quand je suis touché par toutes ces découvertes, j’essaie quand même de les transmettre en toile.

Combien de toiles présentez-vous à cette exposition ?

Je pense que là, nous avons une vingtaine de toiles exposées au cours de cette rencontre picturale à la Fondation BJKD.

 

Désiré Mounou : Quels sont les retours que vous avez juste après le vernissage ?   

Après, on est très satisfait parce qu’on a de très bons retours par rapport à des personnes, à des parents, à des personnalités qui étaient présentes au vernissage et qui étaient émerveillées par cette exposition et les toiles proposées. Parce qu’il y a d’autres qui découvrent pour la première fois mon travail et certains qui ont mes toiles dans leur collection et qui me connaissent donc déjà, qui viennent aussi voir l’évolution de mon travail. Pour moi, c’est une manière d’être en contact avec mon public et essayer de montrer, présenter mon travail à des gens qui ne me connaissaient et qui me découvrent pour la première fois. Et voilà, on est toujours dans la promotion de l’art. On essaie de quand même présenter ce travail-là ici parce qu’on a eu à l’exposer dans d’autres pays. Et les gens ont adopté ce travail. Il faut quand même essayer d’avoir aussi son public dans son propre pays.

Désiré Mounou :  Au total, combien d’années d’activités totalisez-vous en tant qu’artiste-plasticien après vos cours à l’INSAAC ?

Je peux indiquer que tout a commencé en 2017, mais que c’est en 2018 que j’ai véritablement commencé à me faire connaître. Je pense qu’aujourd’hui, les choses avancent bien. Et ce, après la période Covid-19 qui a été très difficile. Donc quand on sort de là, il faut quand même hausser le niveau, essayer d’aller plus loin dans le travail, dans le processus. Aujourd’hui, je suis satisfait du résultat.

Entretien réalisé par Marcellin Boguy