16 mai 2022
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Dédicace de « Mansa Djouroutabali, le roi qui ne voulait rien devoir à personne » Mahoua S. Bakayoko (auteure) : « Personne ne vit sans se frotter aux autres »

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L’auteure prolifique Mahoua S. Bakayoko a sorti sa dixième oeuvre intitulée « Mansa Djouroutabali, le roi qui ne voulait rien devoir à personne » de 164pp qu’elle a dédicacée, le vendredi 6 mai 2022, au Centre national des matériels scientifiques (CNMS) sis à Abidjan-Cocody.

S’attaquant au conte initiatique pour la toute première fois, la romancière au service de la lutte contre la migration irrégulière, auteure, entre autres, de « La rébellion de Zantigui », de « Tounghan ou les écueils de l’immigration » et de « Sous le joug d’un Dangadeh » a révélé que ce conte initiatique a été transmis de bouche à oreille. Et, à travers lui, elle entend promouvoir des valeurs humaines.

Revenant sur la genèse de son nouveau bébé, Mahoua S. Bakayoko situera : « Ce conte-là, je l’ai eu de la bouche du fils de Messotié Soumahoro et Nobindja. Siaka, le silatigui vivant de Tiniga, le plus brillant parmi nous, le roseau qui ne plie pas… Capi, Miechiaka qui lui-même l’a eu du vieux Baba, qui lui-même l’a pris au pied de son maître. En reprenant Mansa Djouroutabali, la chaîne de transmission pouvait suivre son cours, même quand l’arrière du rang était de plus en plus clairsemé. De ce conte ramassé donc au détour d’une conversation, j’en ai fait des feuillets, ensuite un livre de 164 pages. Que de nuits veillées pour donner vie à un fragment sorti des entrailles du grand Mandé. J’ai ainsi tracé sur du papier bouffant un conte initiatique transmis de bouche à oreille depuis des siècles. Ce conte, je l’ai transcrit avec une exigence, celle de rester cramponnée à la pensée initiale, promouvoir les valeurs humaines. J’y ai posé mon regard, celui de la citadine du 21ème siècle. La rencontre entre l’Afrique d’hier et d’aujourd’hui à travers ses valeurs. Le temps n’émousse pas les valeurs, mais les bonifie. Moi la fille du Worodougou, citoyenne du monde, je repartais dans le passé glorieux de mes origines mandé ».

Poursuivant, elle dira : « Durant l’écriture, je retournais à chaque fois en enfance. Parfois, je luttais avec ma propre plume, tentée que j’étais d’abattre très vite les méchants, dont Tirangué ou son frère Kélètigui, le gouverneur militaire du palais. En finir plus vite que prévu avec les mauvais pour qu’elle s’abrège cette souffrance qui semble sans fin pour les bienveillants dont celle de N’na Sira, la douce, l’alter ego du Mansa Gnalikëla, la mère adoptive de Yéléni, celle dont la vie ne fut guère clémente quant au casting pour son mariage. Elle fut mariée au mauvais frère, Djouroutabali… ».

Tenant à raconter l’histoire de cet ouvrage, elle retiendra comme morale de ce conte initiatique : « Que vaut un engagement sans une part d’humanité ? Personne ne vit sans se frotter aux autres. Nous avons donc besoin des uns et des autres, et cela est écrit depuis la nuit des temps et se poursuivra jusqu’à la fin du monde ».

« L’on ne saurait forcer le temps qui n’est pas encore arrivé », a-t-elle insisté. Et cette « accoucheuse » de livres qui monte en puissance et dont la plume est une arme de conclure : « Ce conte, je le remets où je l’ai trouvé et il va sommeiller jusqu’à la nuit des temps ».

Marcellin Boguy

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