19 août 2022
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POLITIQUE

Côte d’Ivoire/Présidentielle 2020 : plusieurs  jeunes de Bongouanou arrêtés

Les images circulent sur les réseaux sociaux. Le site l’infodrome.com montre une vidéo où on voit des hommes en uniforme en train de procéder à des arrestations ou en train de battre une personne. On y voit aussi des véhicules de patrouille. La vidéo présente le déroulement de cette scène à Bongouanou. La ville où Affi N’Guessan, le porte-parole de l’opposition est originaire et dont il est le président du conseil régional.

Selon des informations obtenues par téléphone auprès de sources présentent dans la ville au Centre-est de la Côte d’Ivoire à environ 200 km d’Abidjan, ce sont 18 jeunes qui ont été « arrêtés, bastonnés puis déportés par des hommes en tenue, au camp de gendarmerie d’Agban à Abidjan » depuis le mercredi 28 octobre dernier.

De l’avis de nos sources sur place à Bongouanou, les jeunes ont dressé des barrages filtrants aux entrées et sorties de la ville pour, assurent-ils, « d’empêcher le convoyage d’armes et de parer à toutes éventualités d’attaques de microbes déversés, depuis les affrontements de militants du Rhdp et ceux de l’opposition, la semaine dernière, dans la région Moronou ». La preuve que ces jeunes qui dressent les barrages ne sont pas hostiles aux forces de l’ordre, « certains des présumés microbes arrêtés ont été remis à la gendarmerie ».

Les jeunes de Bongouanou poursuivent nos sources, auraient découvert dans la fouille de deux mini cars « Massa », à l’entrée de Banabo, village situé sur l’axe Bongouanou-Dimbokro, le lundi 26 octobre dernier, « 17 armes de type Kalashnikov ». C’est ce qui a expliqué que « depuis ce jour, les barrages ce sont multipliés et renforcés dans la région », justifient nos interlocuteurs.

Descente musclée des forces de l’ordre

Dans le détail de la descente musclée des hommes en tenue arrivés à Bongouanou le mercredi dernier, nos sources racontent que c’est  « c’est aux environs de 14h30, que la présence d’une colonne de vingt cargos d’hommes en tenue mixtes  (militaires, gendarmes, policiers) stationnés dans le village d’Ehuikro, à l’entrée de Bongouanou en venant de Kotobi, à été signalée. Une fois entrés dans la ville, au corridor de Bongouanou à Kangandi, ces hommes en tenue s’en sont pris violemment aux jeunes en les bastonnant et même en les  traînant depuis les domiciles où ils avaient trouvé refuge. Ils ont été dépouillés de leur argent et de leur portable. Même ceux revenant des travaux champêtres n’ont pas été épargnés. Tous ont été bastonnés. Seuls quelques uns ont pu s’échapper ».

Les véhicules des forces de l’ordre

C’est de cette descente musclée (dégâts matériels et blessés) que des jeunes au nombre de 18 selon nos sources, ont été emportés à Dimbokro puis selon eux à Abidjan, au camp de gendarmerie d’Agban.

Les populations approchés par nos sources, affirment aussi  que « se sont les mêmes hommes en tenue qui ont violenté les populations de des villages d’Abongoua, Kotobi, Brou-Akpaoussuou et Daoukro la veille, sur leur chemin ».

À Bongouanou, ressemble à une ville assiégée selon nos interlocuteurs. La tension reste vive à quelques heures de la tenue de l’élection présidentielle. Les forces de l’ordre, sont très présentes guettant le moindre mouvement et barrage à démanteler.

Quant aux jeunes restés sur place, ils se disent déterminés à poursuive le mot d’ordre de désobéissance civile lancé par la plateforme des partis politiques de l’opposition. Ils réclament par ailleurs la libération immédiate de leurs frères arrêtés. C’est dire que la journée de demain samedi promet d’être très chaude.

 

Coulibaly Zié Oumar