4 décembre 2022
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POLITIQUE

Côte d’Ivoire/Désobéissance civile: l’opposition appelle à une mobilisation totale et massive

Les six jours qui mènent à la date du 31 octobre s’avèrent décisifs selon Pascal Affi N’Guessan. Il était entouré hier de Maurice Kacou Guikahué, de Georges Armand Ouégnin, de Danièle Boni Claverie, de Martial Ahipaud, Ouattara Gnonzié et de beaucoup de leaders de l’opposition ivoirienne. Parlant au nom de cette opposition, face à la presse, au siège du PDCI, Affi N’Guessan a invité les Ivoiriens à empêcher le déroulement du scrutin le 31 octobre. « Ouattara est isolé, nous devons le contraindre à céder le pouvoir. Les Ivoiriens doivent vivre les six derniers jours dans la mobilisation totale, globale et massive pour faire plier Ouattara. Les six jours, nous avons l’obligation de gagner. Nous n’avons pas le droit de perdre le combat car cela voudrait dire que la dictature a triomphé. Nous devons gagner quoi que cela nous coûte », a-t-il lancé. Soulignant par ailleurs : « C’est une semaine décisive, c’est avec fierté que nous reviendrons dire M. Ouattara a capitulé et le pays est libéré »

Le conférencier a insisté que les populations n’ont pas le droit de faillir face à la responsabilité qui leur incombe et qui consiste à se débarrasser du régime actuel. « Personne ne peut soutenir Alassane Ouattara dans ce qu’il fait. Le cœur penche toujours du côté de la paix, de la démocratie et de l’Etat de droit or Ouattara est le contraire de tout ça. » 

Interpellé sur la ville d’Abidjan qui serait dans une sorte d’immobilisme par rapport à la désobéissance civile, le porte-parole des plateformes de l’opposition a indiqué : « Abidjan est condamnée à bouger et Abidjan s’apprête à bouger…Nous devons nous mobiliser pour vaincre la dictature »

Les journalistes ont répondu présents à la conférence de presse de la plateforme de l’opposition (Photo Jonas O.)

Quelle suite l’opposition donne-t-elle au chef de l’Etat qui accuse l’opposition d’entretenir les violences et de vouloir déstabiliser le pays ? Pascal Affi N’Guessan a rétorqué : « Ouattara devait avoir honte. C’est lui le chef de l’Etat, le chef de l’armée. L’opposition n’a pas d’armée ni d’armes donc elle ne peut pas faire un coup d’Etat. L’armée est dans la société. Ce sont les militaires qui font un coup d’Etat quand elle arrive à la conclusion que la dictature a trop duré. C’est à lui de faire cesser les bruits de coup d’Etat. »

Poursuivant, l’interlocuteur des journalistes a soutenu que c’est le pouvoir en place qui sème la terreur et causent les morts dans le pays. « Depuis le début de cette crise, ce sont les miliciens du régime qui sévissent. Il est de notoriété publique que ce pouvoir s’appuie sur des milices pour terroriser les populations. » Et Pascal Affi N’Guessan de conclure : « C’est parce qu’il y a une dictature en Côte d’Ivoire que nous nous battons »

L’ancien premier ministre de Laurent Gbagbo a profité des échanges d’hier pour discréditer les chiffres de la CEI qui annonce le retrait de 41% des cartes d’électeurs. « Le taux est à l’image de ceux l’avancent. C’est une commission fictive. Tous les actes de la commission sont nuls et de nul effet. C’est comme on n’a rien entendu de ce que la commission a avancé »

Benjamin Koré