6 décembre 2022
Abidjan Cocody Palmeraie 06 BP 2868 Abj 06
SANTÉ

Côte d’Ivoire/Congrès des infectiologues africains : Les acteurs pour une approche multidisciplinaire des maladies infectieuses

Les infectiologues africains francophones membre de la société africaine de pathologie infectieuse (SAPI) ont admis jeudi au premier jour de leur 7ème congrès à Grand-Bassam en Côte d’Ivoire, qu’il faut une approche multidisciplinaire face à la mutation des maladies infectieuses.

“L’approche multidisciplinaire est inévitable dans le contexte de la transition épidémiologique“, a reconnu Pr. Serge Eholié, président de la SAPI lors de son discours à l’ouverture du congrès.

Selon Dr. Zekiba Tarnagba, médecin vétérinaire et Président de l’association « One Health Burkina Faso », “60% des maladies humaines connues ont une origine animale“ et “70% des maladies émergentes sont d’origine animale“.

Pour lui, l’approche One Health ou une seule santé qu’il a présenté au cours de la première session plénière pourrait être la bonne approche pour tenter d’endiguer ces zoonoses c’est-à-dire, ces maladies infectieuses d’origine animale.

En effet l’approche One Health est “une vision unifiée de la santé“, affirme Dr. Tarnagba prônée à la fois par l’OMS, la FAO et l’OIE (l’Organisation mondiale de la santé animale).

C’est le sens du thème “Maladies infectieuses et santé globale“ retenu pour ce congrès. “Le thème de notre congrès, correspond à cette évolution de l’infectiologie dans un objectif de la santé pour tous, par tous et vers tous“, a fait remarquer Pr. Serge Eholié.

En effet, “il n’y a plus de frontières entre les hommes, les animaux, les végétaux et l’environnement (…). La mobilité à travers les continents nous fonde dans cette nécessité de réponse globale (…) les infectiologues doivent apporter leur contribution à la réponse sanitaire globale“, a-t-il développé.

C’est dans cette logique que Dr. Pauline Dibi Kangah, géographe a montré dans sa présentation toujours au cours de la première session plénière, comment le réchauffement climatique [l’augmentation de la température moyenne à la surface de la terre] peut être à l’origine de certaines maladies infectieuses comme le paludisme.

« Nous avons constaté ici à Bassam à la suite d’une étude que nous avons menée, plus la pluviométrie était forte, plus il y avait des moustiques et donc des pics de paludisme qui pouvaient se voir dans la fréquentation des centres de santé de la ville“, a témoigné la géographe.

En fait, à cause de réchauffement climatique, explique Dr. Pauline Dibi Kangah, il y a un dérèglement des saisons avec soit des pluviométries très fortes soit des sécheresses dures. Ce qui favorise le développement de certaines maladies infectieuses.

Malgré la contribution que peut apporter les géographes dans l’identification des problèmes de santé dans le cadre de l’approche One Health,  Dr. Pauline Dibi Kangah a déploré leur mise à l’écart par le monde de la médecine.

“C’est pourquoi, j’ai sauté sur l’occasion que m’a offerte la SAPI pour montrer que nous pouvons aider à la compréhension des facteurs de développement des maladies“, a-t-elle affirmé.

Coulibaly Zié Oumar