20 mai 2022
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CULTURE

Coopération médias arabes et africains : L’Isesco va former des journalistes à Khartoum et à Dakar

Les journalistes arabes et africains ne se connaissent pas suffisamment bien. La coopération entre les deux mondes est faible. C’est le constat qu’à fait l’Organisation islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture (Isesco) le jeudi 2 mai dernier à son siège à Rabat au Maroc au cours d’une « réunion d’experts pour l’examen des moyens de renforcer la coopération entre les journalistes arabes et africains ».

Il faut donc construire un pont entre les deux populations.

Selon Dr. Ahmed Said Ould Bah, Directeur des Relations extérieures et de la Coopération qui a présidé la cérémonie d’ouverture, cette rencontre entre des journalistes arabes venus de l’Arabie Saoudite, du Maroc, d’Oman et africains venus de la Côte d’Ivoire (Notre Voie), du Sénégal et du Mali, est le signalement d’une entente pour « affirmer le soutien de l’Isesco à la coopération entre les médias arabes et africains » membres de l’Isesco.

Les participants « ont recommandé d’encourager les relations de coopération entre les spécialistes des médias et journalistes arabes et africains dans le cadre de l’organisation de visites culturelles réciproques, de sessions de formation, de séminaires, ainsi que de l’élaboration de recherches, rapports et productions médiatiques communes », affirme le communiqué final qui est intervenu après une journée de communication.

Le premier Forum de spécialistes des médias arabes et africains

La journée a été meublée par plusieurs exposés. Ainsi, Dr. Ali Karimi, président du centre marocain des études et recherches dans le domaine des droits de l’homme et des médias a exposé sur « les dimensions éthiques de la technologie de l’information entre la liberté d’expression et le respect des droits de l’homme », quand Dr. Abdessamad Moti, enseignant à l’Institut supérieur de l’information et de la communication (Isic) à Rabat a présenté « les défis d’élaboration des programmes de formation continue au profit des spécialistes des médias ».

La journée s’est achevée par une table ronde sur la thématique les « moyens de traitement des stéréotypes sur les Arabes et les Africains dans les médias internationaux et de lutte contre l’islamophobie et le discours de haine dans les médias ».

C’est d’ailleurs l’un des objectifs de la réunion de Rabat selon Cheikh Tidiane Diouwara, président du Réseau international des journalistes arabes et africains (Rijaa), co-initiateur de cette rencontre. Selon lui, « la lutte contre l’extrémisme, l’islamophobie et l’extrémisme religieux doit être inscrite à l’agenda du Rijaa ».

C’est pourquoi, dans son discours lors de la cérémonie d’ouverture, il a appelé à un partenariat « durable avec l’Isesco » et à la « définition d’un plan d’action de travail à l’issue de la réunion ». Ainsi, après la signature d’un mémorandum d’entente entre l’ISESCO et la Rijaa, il a été arrêté l’idée d’organiser en 2020, « le premier Forum de spécialistes des médias arabes et africains et leurs homologues européens à Genève, en vue d’examiner les moyens de coopération pour lutter contre le discours de haine et la discrimination raciale dans les médias, contribuer à faire connaitre les problèmes des migrants, des réfugiés et des minorités musulmanes et sensibiliser les jeunes musulmans en Europe aux dangers du terrorisme et de l’extrémisme idéologique ».

La réunion a été tenue dans le cadre du 37ème anniversaire de l’Isesco et de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Profitant de cette coïncidence, le président du Rijaa a dénoncé les attaques contre les journalistes affirmant que la « place d’un journaliste n’est pas en prison mais sur le terrain ».

Renforcer les compétences des journalistes à Dakar et à Khartoum

Les intervenants ont d’ailleurs repris cette condamnation dans le communiqué final qui a sanctionné la réunion. « Les participants ont condamné, les attaques contre les journalistes pendant l’exercice de leur fonction, notamment les journalistes palestiniens, et appelé les organisations internationales compétentes à les protéger conformément aux conventions et lois adoptées par l’Unesco et le comité compétent de l’Onu », ont-ils souligné.

Plus largement, ils ont appelé, pour permettre aux journalistes de mieux se former et défendre leur liberté, « l’Isesco à accorder davantage d’attention au développement des médias dans les Etats membres arabes et africains, ainsi qu’à renforcer les compétences professionnelles des spécialistes des médias arabes et africains à travers les activités des deux Centres régionaux de l’Isesco de Dakar et de Khartoum pour la formation dans le domaine de l’information ». La réunion de Rabat a été possible grâce au Rijaa dont les participants ont salué la création et appelé « la Fédération internationale des Journalistes (Fij) et l’Union des Journalistes arabes à coopérer avec le Réseau en vue de réaliser les objectifs communs de manière complémentaire ».

 

Coulibaly Zié Oumar

De retour de Rabat