19 mai 2022
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CULTURE

Congrès extraordinaire de l’Unjci/ Jean-Claude Coulibaly (candidat à la présidence), avant le 2nd tour : « Partout où je me rends, je prône l’entente et l’union »

Venu en tête à l’issue du 1er tour du scrutin pour le poste de président du Conseil exécutif de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (Unjci), samedi dernier, à l’auditorium de l’Istc, le candidat Jean-Claude Coulibaly donne, ici, ses impressions sur le scrutin passé, sur le vote à venir, demande l’adhésion de ses confrères autour de son projet et lance un message à ses électeurs et aux journalistes indécis.

Notre Voie : Jean-Claude Coulibaly, vous êtes venu en tête du scrutin comptant pour le 1er tour de l’élection au poste de président du Conseil exécutif de l’Unjci, le samedi 24 août dernier, à l’auditorium de l’Istc. Dans quel état d’esprit entrevoyez-vous le second tour du scrutin qui va se dérouler le samedi 14 septembre prochain ?

Jean-Claude Coulibaly : Dans un état d’esprit de confraternité. Comme je l’ai toujours dit, il est vrai qu’il y a une compétition que sont les élections, mais n’oublions pas que nous sommes une même et grande famille. Chaque fois, je le dis qu’après les élections, il y a une vie, c’est-à-dire que la vie continue. Et l’Union doit exister et demeurer forte et solidaire.

C’est pourquoi partout où je me rends, je prône l’entente et l’union. Je prône une campagne civilisée. Je demande aux autres de ne pas injurier, ni d’invectiver. De ne pas vraiment avoir une parole de trop. De toujours avoir à l’esprit que nous sommes des soeurs, nous sommes des frères et que l’Union appartient à tout le monde. Si nous voulons voir notre Union demeurer forte, il faut que nous apprenions à entretenir cet esprit de confraternité.

-Pour beaucoup, Franck Ettien, candidat malheureux au 1er tour de cette élection, est le faiseur de roi à ce second tour. Qu’est-ce que vous en pensez et quelle stratégie votre équipe et vous comptez mettre sur pied pour quelque peu grignoter les partisans de la liste « Innovons ensemble » conduite par Franck Ettien ?

Franck Ettien, en venant en 3ème position, est un leader qui a démontré qu’il pèse. Il y a quand même 133 journalistes qui ont cru en lui, qui ont cru en son projet. Et ça, c’est clair. Moi, je ne vois pas cela en termes de grignotage des voix des uns et des autres. Je vois tout cela en termes de vision. Et la vision que j’ai, je voudrais la partager avec le maximun de personnes, parce qu’il s’agit ici vraiment de nos emplois, il s’agit de la survie de nos entreprises. Il s’agit, tout court, de l’existence de notre travail, de notre corporation. Parce que, voyez-vous, un journaliste travaille dans une rédaction.

Quand on dit qu’on est journaliste, c’est parce qu’on travaille dans une rédaction. Il y a beaucoup qui pensent qu’on peut travailler en free-lance, c’est vrai, cela existe dans notre métier. Il y a d’autres qui pensent qu’on peut faire un journal en ligne et soutenir qu’on est journaliste. Je suis d’avis avec ceux-là. Mais le journaliste est mieux encadré, le journaliste s’épanouit mieux dans une rédaction. C’est pourquoi il est important que nous nous battions pour que nos rédactions subsistent et que nos salaires soient garantis.

Et c’est ce que je me suis évertué à dire partout où je suis passé, parce que l’état actuel de la presse est vraiment déplorable, est critique même, je dirai. Donc il s’agit, pour nous, de vraiment mettre en place un plan d’urgence pour sauver les entreprises de presse -c’est-à-dire naturellement nos emplois- et garantir le mieux-être des hommes de média; mieux-être qui passe par la régularité des salaires des journalistes. Je pense donc que c’est en ces termes-là qu’il faut parler, mais ne pas le faire plutôt en termes de voix.

Le scrutin du 24 août s’est déroulé avec une seule urne, ce qui est pour beaucoup dans ce qu’on a connu et qui a fait qu’on n’a pas pu organiser le 2nd tour ce jour-là. Est-ce que vous envisagez de rencontrer le président du Comité d’organisation et le président du Bureau du congrès pour remédier à ce fait, et permettre donc d’avoir 3 à 4 urnes pour que le processus électoral aille vite le samedi 14 septembre prochain ?

Je suis un candidat. Je ne dois donc pas trop immiscer dans l’organisation de ce congrès-là. Je pense que des voix mieux autorisées le feront à ma place. Cependant, ce que je peux suggérer en tant que candidat, c’est de voir de quelle manière l’on pourrait fluidifier davantage le déroulement du vote. Voyez-vous, on a commencé à 9h et c’est pratiquement à 19h que nous avons eu les résultats du 1er tour. Ça fait au moins 10 heures de vote. Je considère que c’est quand même énorme.

Il faut voir dans quelle mesure, pour ce second tour-là, les uns et les autres pourront être rapidement libérés, qu’on ait les résultats assez vite et que chacun puisse rentrer chez lui ou vaquer tranquillement à ses occupations. Je pense qu’au niveau du Comité d’organisation, présidé par Brou Presthone, comme au niveau du Bureau du congrès, présidé par le grand frère César Etou, ils ont déjà commencé à réfléchir pour parfaire un peu le vote du 14 septembre prochain.

-Quel pourrait être votre message à l’endroit de vos partisans et éventuellement à l’endroit des journalistes encore indécis ?

Je dis à ceux qui m’ont voté et même à ceux qui ne l’ont pas fait que l’espoir est permis. Il faut que nous soyons ensemble afin qu’au soir du samedi 14 septembre prochain , nous puissions ensemble regarder dans la même direction et parler de la même voix. Il s’agit véritablement, comme je l’ai dit tantôt, de nos emplois et de la survie de notre corporation. Nous devons nous mettre ensemble pour pouvoir vraiment relever ce défi. Pour moi, il est important que chacun ait cela en esprit.

Il faut une prise de conscience collective pour nous permettre de vraiment aller de l’avant. Parce que, voyez-vous, ce n’est pas le seul combat de ma liste, ce n’est pas le combat de la liste « Union de toutes les générations », mais c’est le combat de toute la corporation. Et on ne peut mener à bien ce combat-là que si et seulement si nous sommes unis.

Si nous parlons de la même voix, si nous regardons dans la même direction, je pense que tous les maux qui minent notre secteur vont trouver solution. Et, comme je l’ai dit, le combat dans l’urgence, c’est de faire en sorte que nous ayons les 0,01% du budget annuel de l’Etat pour sauver nos entreprises de presse.

Si, vraiment, les choses restent en l’état, je vous assure que, dans quelques mois, dans un an ou deux ans, on ne parlera plus de rédaction en Côte d’Ivoire. Parce que l’heure est grave, c’est le temps d’agir et nous pouvons agir qu’ensemble pour pouvoir réussir.

Entretien réalisé par Marcellin Boguy