1 décembre 2022
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A LA UNE SANTÉ

Congrès des sages-femmes d’Afrique francophone/Dominique Ouattara  plaide pour le mieux-être des sages-femmes

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L’ambiance était électrique hier à la patinoire du Sofitel Hôtel Ivoire, à l’occasion de la cérémonie officielle d’ouverture du troisième congrès de la Fédération des Associations des Sages-femmes de l’Afrique Francophone (FASFAF). La marraine de la cérémonie, Mme Dominique Ouattara, première Dame de Côte d’Ivoire a fait bondir la salle quand elle s’est engagée a plaidé pour le mieux-être des sages-femmes dans leur travail. « (…) le plus bel hommage qui vous a été rendu aujourd’hui, est celui de Monsieur le Maire, Jean-Marc Yacé (maire de Cocody qui a rendu hommage aux Sages-femmes dans son discours de bienvenue dans sa commune, NDLR). Il a dit qu’il faut vous couvrir de fleurs. Et je suis bien d’accord. J’ai bien noté vos demandes de parler aux plus hautes autorités de l’Afrique pour que vos conditions de travail soient améliorées », a-t-elle promis dans un vacarme de hourras.

En effet, selon Dominique Ouattara, citant les données de l’OMS, environ 830 femmes meurent chaque jour dans le monde du fait de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. « En 2015, 303 000 femmes sont décédées au niveau mondial, pendant ou après la grossesse ou l’accouchement. Et la majeure partie de ces décès se produit dans nos pays en développement », a illustré la marraine de la FASFAF. Pour éviter que les femmes meurent en donnant la vie, Dominique Ouattara propose en plus des infrastructures, une formation de qualité des sages-femmes. Selon le rapport 2021 de l’état de la Pratique de la Sage-femme, « la Sage-femme bien formée, diplômée et compétente peut constituer le fer de lance de ce combat » contre la mortalité maternelle.

Dominique Ouattara entrourée du ministre de la Santé Pierre Dimba , de Mme Eloïse Dalmeda (Pdte de la FASFAF à gauche) et de Mme Diko Fatoumata (Pdt du congrès à droite)

 

C’est pourquoi, la première Dame de Côte d’Ivoire a invité les participants à ce troisième congrès de la FASFAF à Abidjan après Bamako, Ouaga, de « mettre à profit ces trois jours de réflexion pour engager un vrai dialogue sur les défis majeurs, les solutions et les actions prioritaires nécessaires à l’attente de vos objectifs ».

Dominique Ouattara a profité de cette tribune pour réaffirmer son engagement de longue date en faveur de la santé de la femme et de l’enfant. La matérialisation de cet engagement, est la construction par son Ong Children of Africa, de l’hôpital Mère-Enfant de Bingerville avec un standard international.

En effet, se référent au rapport de la pratique Sage-Femme de 2021 dans le monde, Mme Dicko Fatoumata, présidente du congrès, a loué « les efforts notables consentis par nos pays avec le soutien de plusieurs partenaires mondiaux, se sont traduits par des progrès considérables au cours des 20 dernières années, aussi bien en ce qui concerne la réduction de la mortalité maternelle, néonatal et infantile, que de l’amélioration de la santé et du bien-être des femmes, des nouveau-nés et des adolescents ». Pour autant, malgré ces progrès enregistrés, ils ont été faits selon elle, « avec une grande hétérogénéité ». C’est dire que tous les pays ne sont pas au même niveau de progrès.

« Malgré ses progrès, la mortalité maternelle et infantile demeure toujours préoccupante dans les pays d’Afrique subsaharienne ». En plus du nombre de décès enregistré sur le continent par an, Mme Diko a révélé qu’une femme sur cinq accouche sans assistance d’une sage-femme sur le continent africain. Cela s’explique, selon Jean-Marie Vianny Maurice Yaméogo, Représentant de l’OMS en Côte d’Ivoire, par « une grave pénurie de sages-femmes ». Un constat partagé par Mme Franka Cadée, Présidente de la Confédération internationale des sages-femmes, qui a révélé avec précision qu’il « manque actuellement 900 000 sages-femmes dans le monde, soit un tiers des effectifs nécessaires au niveau mondial ».

De son côté, Mme Eloïse Dalmeda, présidente sortante de la FASFAF, elle a estimé qu’ « investir dans les sages-femmes, est une décision à impact immédiat. Les ressources ainsi affectées ont une incidence directe sur la qualité des services et partant, sur la qualité de la santé de la mère et de l’enfant ».

Photo de famille avec les sages-femmes de la FASFAF à la fin de la cérémonie d’ouverture

 

Pour sa part, Pierre Dimba, ministre de la Santé de Côte d’Ivoire, a souligné les efforts faits par la Côte d’Ivoire pour améliorer la qualité des soins en faveur des mères et des enfants. Il s’est surtout réjoui des nouveaux indicateurs en matière de mortalité maternelle et néonatal que la Côte d’Ivoire vient d’enregistrer.

Il a salué le thème « contribution des sages-femmes à la santé maternelle et néonatale en Afrique francophone : les défis actuels ». D’autant plus que les 17 pays concernés par ce congrès n’ont pas fait de bon progrès, selon l’OMS de 1990 à 2015. C’est selon lui ce qui explique que « vous les sages-femmes des 17 pays concernés, vous vous êtes senties interpellées et vous vous êtes regroupées pour mutualiser vos efforts pour contribuer plus efficacement à l’amélioration de la santé du couple mère-enfant ».

Coulibaly Zié Oumar