20 mai 2022
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SOCIÉTÉ

Arrimage Mugefci-Cmu: Voici les craintes de Mesmin Comoé

La Couverture maladie universelle (Cmu) va bientôt entrer en vigueur sauf énième changement de dernière minute. En effet, dès le 1er juillet prochain, les premières cotisations vont débuter au titre de la période de carence qui va durer trois mois (juillet-août-septembre). Ainsi, à partir du 1er octobre prochain, ça sera le début effectif des prestations médicales dans les hôpitaux publics de Côte d’Ivoire.

Pour les fonctionnaires et agents de l’Etat regroupés au sein de la Mutuelle générale des fonctionnaires et agents de l’Etat de Côte d’Ivoire (Mugefci), le gouvernement a décidé que ce soit cette mutuelle qui paie les cotisations Cmu (1000f/personne/mois) de ses mutualistes à la caisse nationale d’assurance maladie (Cnam). En outre, le gouvernement à travers un décret a fait obligation à la Mugefci d’assurer un régime complémentaire obligatoire à ses fonctionnaires et agents de l’Etat. En clair, la Mugefci va non seulement payer (prélèvement à la source) sur la base des cotisations, les primes d’assurance de ses plus de 200 mille adhérents. Mais, elle va avec le reliquat des cotisations assurer un régime complémentaire obligatoire pour ses adhérents et leurs ayants droits.

De l’avis de M. Mesmin Comoé, président du conseil d’administration de la Mugefci, appliquer ce que le gouvernement demande, c’est accepter de détruire la Mugefci. « Nous allons nous retrouver dans une situation où nous serons obligés de dégrader le niveau de prestation actuellement offert. Et c’est à cela que nous ne voudrons pas arriver », a-t-il affirmé. Selon lui, « on ne peut pas mettre en place un système de couverture maladie universelle pour optimiser les prises en charge et dégrader en même temps les prises en charge existantes. Cela n’aurait aucun sens ».

En fait, M. Comoé estime que « la Cmu va se mettre en place de façon progressive, nous dit-on. Aussi bien au niveau des lieux de prestation que sur la cible même des bénéficiaires. Dans un premier temps, c’est tout le privé formel ainsi que les fonctionnaires et agents de Côte d’Ivoire. Donc, les populations qui malheureusement, n’ont aucune protection et qui font, toute une pression sur celles qui en ont et qui sont à l’origine des risques techniques et opérationnels notamment les risque de fraude, ces populations là seront toujours dans la même situation. C’est dire que ce risque va s’accroitre ».

Il va plus loin en mettant un deuxième élément sur la table. A l’en croire, la prise en charge progressive qui sera menée par la Cnam, ne va pas concerner les maladies chroniques (diabète, hypertension artérielle, cancer…) qui sont les plus coûteuses pour les mutualistes. « Alors que ce sont ces pathologies qui englobent la majorité du budget de la Mugefci », a-t-il indiqué.

« Quand on va nous amputer, a-t-il poursuivi, une bonne partie de notre budget alors qu’on ne prend pas en charge les pathologies qui sont sensées être couvertes par ce budget, vous comprenez qu’on ne pourra plus offrir ces mêmes prestations à ces personnes qui ne pourront plus être prises en charge par la Mugefci. Mais, qui malheureusement et aux regards du panier et du parcours de soins de la Cmu, ne seront pas pris en charge ».

Voici donc les craintes de la Mugefci si le gouvernement n’apporte pas sa contribution à la prise en charge médicale de ses fonctionnaires comme c’est engagé à la faire le patronat dans le secteur privé. Par contre, si le gouvernement accepte de contribuer ou d’apporter « une subvention d’équilibre » alors « nous arriverons à faire un arrimage intelligent de sorte que la Cmu soit opérationnelle et efficace et que la Mugefci par derrière puisse développer cette complémentaire obligatoire également efficace ».

Autrement, « il ne sert à rien de nous demander de mettre en œuvre une complémentaire obligatoire dans laquelle, on ne peut pas donner de contenue. Nous ne le fera pas », a-t-il tranché.

 

Coulibaly Zié Oumar