6 octobre 2022
Abidjan Cocody Palmeraie 06 BP 2868 Abj 06
SOCIÉTÉ

Enseignement en Côte d’Ivoire: Plusieurs professeurs contractuels laissés sur le carreau

C’est le désarroi total et la déception chez des milliers de professeurs contractuels formés récemment à Abidjan, Bingerville, Yamoussoukro et Bouaké. Nombreux sont ceux d’entre eux qui n’auront pas la chance d’enseigner après 45 jours de formation à leurs propres frais dans les quatre villes citées plus hauts. Et pour cause, ils n’ont pas été affectés comme professeurs dans les lycées et collèges, tel qu’ils y rêvaient depuis longtemps.

Après analyse de leurs dossiers en fin de parcours, il leur est reproché d’avoir déposé des diplômes incompatibles avec le métier d’enseignant ou de n’avoir pas du tout le niveau requis. Ces jeunes gens sont d’autant plus amers, qu’ils se sont d’abord inscrits en ligne, quand le concours a été lancé. Ensuite ils ont déposé leurs dossiers dans les différentes directions régionales de l’Education nationale, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle (DRENETFP) de leur choix, certainement pour analyse ou étude. Enfin, ils ont subi un test psychotechnique. A la fin de ce processus, affirment-ils, la liste des retenus a été publiée, suivie de leur affectation dans les villes choisies pour la formation. « Pendant tout ce processus, on ne nous jamais dit qu’il y avait problème sur nos diplômes. On finit la formation. Au moment des affectations, on ne voit pas nos noms sur la liste définitive des affectations. C’est maintenant qu’on nous dit que nos diplômes ne sont pas conformes. Pourquoi ne nous ont-ils pas recalés après le dépôt des dossiers ? » fulmine un stagiaire bivalent de Mathématiques. Et un autre d’ajouter : « Certains enseignaient déjà dans des collèges privés. Ils y ont perdu leur place. Nos parents étaient contents de notre recrutement. Ils nous ont envoyé les moyens pour faciliter notre formation. Et voilà que nous sommes des laisséspour compte. On nous demande d’attendre, dans le même temps que nous n’avons pas le diplôme requis.»

Selon un groupe de contractuels non affectés, ils seraient en train de s’organiser pour porter plainte contre l’Etat. « Si on ne nous affecte pas, qu’on nous rembourse notre argent, les dépenses que nous avons effectuées pendant 45 jours, » soutiennent-ils. A en croire un inspecteur pédagogique de mathématiques, seulement une cinquantaine de stagiaires dans cette discipline ont été affectés sur environ 600 auditeurs (professeurs de lycée et de collège confondus.) « Parmi les non affectés, beaucoup d’entre eux ont déposé des diplômes en Sciences économiques, des Brévets de technicien du supérieur (BTS) ou des diplômes en Finances et Comptabilité, » soutient ce formateur. « En Français, on a découvert un ingénieur en marketing et un licencié en Droit pendant la formation, » affirme un inspecteur pédagogique de cette discipline. Au niveau de la bivalence Anglais – EPS, il y a encore plus grave. A en croire des formateurs dans ces deux disciplines, plusieurs handicapés physiques ont participé à la formation à Yamoussoukro. « En anglais, parmi les professeurs de lycée, il y avait un diplômé en Droit, » informe un autre Encadreur pédagogique. En philosophie, a-t-on également appris, il y avait des stagiaires titulaires du DUEL 2 inscrits en PL Philo (Professeur de Lycée). Au vu de tout ce qui précède, des formateurs s’interrogent : Sur quelle base ces professeurs contractuels ont-ils été retenus avant la formation ? Pourquoi les a-t-on laissés participer à la formation, malgré ces irrégularités? Quels ont été les critères de recrutement?  Qui a fait ce recrutement sans contrôle de dossier ou de diplôme ? Des questions auxquelles doivent répondre les organisateurs de ce concours de recrutement.

                                                                                                                              KOUKOUGNON Zabril