10 août 2022
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POLITIQUE

Côte d’Ivoire/Présidentielle: Emmanuel Macron conseille à Ouattara un report des élections

Les langues se délient autour de la rencontre entre Emmanuel Macron, le chef de l’Etat français et Alassane Ouattara, le chef de l’Etat ivoirien. Si le pouvoir d’Abidjan a fortement communiqué pour dire qu’il y avait une convergence de vue entre deux présidents sur la situation en Côte d’Ivoire, l’Elysée s’était montré réservé. Aucun communiqué, ni tweet du président Macron sur cette rencontre. On se doutait dès lors, qu’il y avait anguille sous roche. Le pouvoir d’Abidjan cachait bien l’âpreté des échanges avec le président français. Quelques heures après la fin de la rencontre, des indiscrétions sur les réseaux sociaux affirmaient déjà qu’il a été demandé entre autres, à Ouattara de reporter les élections et de trouver un autre candidat pour son parti. Ce soir, le magazine panafricains Jeune Afrique, généralement bien informé révèle une version des faits qui se rapproche fortement de ce qui se disait sur les réseaux sociaux il y a quelques jours. Notrevoienews.com vous propose le fruits des investigations de Jeune Afrique. 

Selon nos informations, Emmanuel Macron a confié craindre que le troisième mandat contesté de son homologue ivoirien puisse susciter des tensions sociopolitiques dans le pays, alors que des violences ont déjà fait plusieurs morts dans différentes localités mi-août. Le président français a suggéré à Alassane Ouattara (ADO) de procéder à un report du scrutin afin de lui permettre, ainsi qu’à Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, de se retirer. Ce délai lui donnerait en effet la possibilité de faciliter l’ouverture d’un dialogue avec ses deux principaux opposants et de trouver un successeur pour opérer le « changement générationnel » initialement promis. Mais le chef de l’État ivoirien a refusé.

Des violences « téléguidées »

Ce dernier, très déterminé, a rappelé à son hôte qu’il n’avait pas eu d’autre choix que de se représenter après le décès de son dauphin désigné, Amadou Gon Coulibaly, le 8 juillet. ADO lui a également assuré qu’il ne fallait pas s’inquiéter sur la tournure que pouvaient prendre les événements. Il lui a garanti que la situation est aujourd’hui « sous contrôle », lui expliquant notamment que les dernières violences étaient très localisées et téléguidées par Henri Konan Bédié et Simone Gbagbo. Un discours résolument optimiste versant parfois, selon une source française, dans « l’excès de confiance».

Bédié, Gbagbo et Soro

De son côté, Emmanuel Macron a alerté son homologue sur le risque de crise postélectorale si des gestes d’apaisement n’étaient pas effectués en amont du scrutin. Outre un report de l’élection, le cas de Laurent Gbagbo et de son retour en Côte d’Ivoire a aussi été évoqué. Le chef de l’État français a insisté sur les capacités de mobilisation de l’ex-président ivoirien et la nécessité de parvenir à un accord avec lui. ADO lui a répondu qu’une fois réélu, il engagerait une réconciliation avec Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo et qu’il favoriserait le retour au pays de ce dernier. Une éventuelle libération des députés proches de Guillaume Soro détenus à Abidjan a également été abordée.

Alassane Ouattara s’est néanmoins plaint du comportement de l’ancien président de l’Assemblée nationale, qui multiplie les critiques à son encontre depuis Paris. Emmanuel Macron a répondu qu’il ne pouvait pas empêcher un opposant de s’exprimer sur la politique de son pays mais qu’il n’acceptait pas d’être utilisé comme un argument de campagne électorale. Message lui a donc été passé, par l’Élysée, de cesser ses attaques personnelles « inacceptables » contre le président.

Source:  Jeune Afrique

du 07 septembre 2020 à 17h54